Guides par pays
Vente en gros de cosmétiques coréens en France
La vente en gros de produits cosmétiques en France nécessite un étiquetage français conformément à la loi Toubon, un marquage Triman EPR et une personne responsable sur chaque unité avant la vente.
Soins solaires
Voir tout →Haruharu Wonder
Black Rice Moisture Airyfit Daily Sunscreen SPF50+ PA++++, 50ml
En stock
EAN 8809532221707
Une palette arrive dans une boutique du 11e arrondissement et tout y est en règle. Les produits sont notifiés, la facture émane d’un véritable grossiste européen, les cartons sont intacts. Elle ne peut pourtant pas aller en rayon, car le seul texte en français sur l’emballage est l’étiquette de prix. Quatre éléments règlent la question, et un seul figure dans le règlement européen que tout le monde lit.
L’essentiel en bref
- L’article 2 de la loi Toubon (4 août 1994) impose le français pour le contenu, la durabilité, les précautions d’emploi et la fonction d’un cosmétique, mais pas pour la liste des ingrédients INCI.
- Les emballages mis pour la première fois sur le marché français nécessitent un identifiant unique SYDEREP au titre de l’article L541-10-13 du Code de l’environnement, une obligation applicable depuis le 1er janvier 2022, quel que soit le pays de l’UE où l’acheteur s’est approvisionné.
- À compter du 1er septembre 2026, toute entreprise française doit pouvoir recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée ; les plus petites entreprises commencent à émettre des factures électroniques et à pratiquer l’e-reporting le 1er septembre 2027.
Quelles mentions doivent être en français, et lesquelles non
L’article 19(5) du règlement européen sur les cosmétiques confie la question linguistique à l’État membre où le produit parvient à l’utilisateur final. La France y répond par l’article 2 de la loi Toubon du 4 août 1994, toujours en vigueur au 1er septembre 2026, qui impose le français dans la désignation, la présentation et le mode d’emploi de tout bien vendu sur son territoire.
Quatre mentions de l’étiquette en relèvent : le contenu nominal, la date de durabilité ou la durée d’utilisation après ouverture, les précautions d’emploi et la fonction du produit. La liste des ingrédients n’en fait pas partie. L’article 19(5) vise les points (b), (c), (d) et (f) et exclut le point (g) : l’INCI reste donc en INCI, et Butylene Glycol ne se traduit pas.
La DGCCRF contrôle l’application de l’article 2 à tous les stades de la distribution, vente en ligne comprise, et une infraction constitue une contravention de quatrième classe au titre du décret d’application de 1995. Dérisoire à l’unité. Mais vous avez plusieurs centaines d’unités. Depuis le 1er janvier 2024, la DGCCRF est aussi l’autorité unique pour les produits cosmétiques en France, et la cosmétovigilance a été transférée à l’ANSES : un effet indésirable signalé par un client ne va donc plus à l’agence que connaît votre fournisseur coréen.
Rien de tout cela ne déplace le dossier. Le rôle de personne responsable suit l’importateur, et l’article 4(6) confirme que traduire une étiquette ne vous le transfère pas. L’article 13(3) fait en revanche de l’impression de cette étiquette française par vos soins une obligation de notification.
Deux obligations françaises qui suivent la marchandise, pas la facture
Depuis le 1er janvier 2022, l’article L541-9-3 du Code de l’environnement, mis en œuvre par le décret n° 2021-835 du 29 juin 2021, impose aux produits destinés aux ménages relevant d’une filière de responsabilité élargie du producteur (REP) de porter le logo Triman accompagné de l’info-tri, qui indique à l’acheteur comment séparer les éléments. Les emballages coréens n’en portent jamais, et un sachet de masque en tissu sans consigne de tri n’est pas prêt pour un rayon français.
La seconde obligation est la plus coûteuse. Au sens de la REP, le producteur est celui qui met l’emballage pour la première fois sur le marché national français : acheter auprès d’un grossiste espagnol ou autrichien ne vous en décharge donc pas. Cela implique d’adhérer à un éco-organisme et de détenir un identifiant unique délivré via SYDEREP au titre de l’article L541-10-13.
Un acheteur français dispose ainsi d’une vérification qu’aucun autre pays européen n’offre : le registre des producteurs SYDEREP est public, et un fournisseur qui affirme assumer votre obligation emballages y figure ou n’y figure pas.
L’argent, et la règle de facturation qui a changé cette semaine
Les droits de douane sont ce que l’on budgète, et ils sont le plus souvent nuls. D’après TARIC, consulté le 1er septembre 2026 pour l’origine coréenne, le droit pays tiers applicable aux sérums, essences, protections solaires, produits de maquillage et shampooings est de 0 % : les justificatifs d’origine n’apportent donc rien sur ces lignes. Ils ne sont utiles que pour les déodorants, préparations pour le bain, lingettes, masques en feuille non tissés et nettoyants liquides. Le reste du calcul figure dans ce que coûte réellement l’importation depuis la Corée.
La TVA à l’importation est le domaine où la France traite bien le petit importateur. Depuis le 1er janvier 2022, son autoliquidation est obligatoire et automatique pour toute entreprise identifiée à la TVA en France : rien n’est donc décaissé à la frontière. Il vous faut un numéro de TVA intracommunautaire français valide sur la déclaration. Les cases import de votre CA3 sont pré-remplies le 14 du mois suivant et la déclaration est due le 24. Notez ces dix jours dans votre agenda : le montant pré-rempli correspond à ce que votre transitaire a saisi, et l’administration fiscale attend de vous que vous le vérifiiez. Les cosmétiques sont soumis au taux de 20 %.
Vient ensuite la réforme entrée en vigueur cette semaine. Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise française doit pouvoir recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée, et un PDF envoyé par e-mail n’est plus une facture. Les plus petites entreprises commenceront à émettre des factures électroniques le 1er septembre 2027, date qui marque aussi le début de leur e-reporting. Les achats de marchandises auprès d’un fournisseur établi dans un autre État membre entrent dans le champ de l’e-reporting ; les importations hors UE n’y entrent pas, car la douane transmet déjà les données.
Notre position sur la filière
Les exportations de cosmétiques coréens vers la France ont atteint 134,05 millions USD en 2025, en hausse de 71,5 %, et la France est entrée pour la première fois dans le top 20 des destinations de la Corée, selon les chiffres du MFDS publiés en mai 2026. La demande est là ; la couche conformité, non. Le volet européen est traité dans le guide européen de l’acheteur de cosmétiques coréens en gros.
Pour un indépendant français, notre recommandation : acheter dans l’UE, auprès d’un fournisseur dont le stock intègre déjà la couche française. Pas en direct de Corée, ni auprès du grossiste européen le moins cher à l’unité qui expédie des produits conditionnés en coréen.
La raison tient à la structure du coût plutôt qu’à son montant. Ici, la conformité augmente avec le nombre de références proposées, pas avec le volume vendu de chacune, et une boutique qui veut deux cents références coréennes représente le pire cas de figure. En achat direct, vous endossez le rôle de personne responsable, un rapport de sécurité par produit, un dossier à conserver dix ans, le surétiquetage en français, les visuels Triman et l’enregistrement REP. Avec des produits déjà prêts pour la France, la tâche se réduit à un contrôle à la réception.
L’import direct est moins cher sur facture. Cet écart correspond au prix du travail décrit ci-dessus, pas à une marge, et la question est de savoir qui le répartit sur deux cents références et qui sur deux. Un coût de cette voie mérite d’être signalé : acheter dans l’UE vous fait entrer dans l’e-reporting dès 2027, ce que ne ferait pas une importation depuis la Corée. Le même arbitrage en Italie aboutit à une autre conclusion.
La vérification que presque personne ne fait
La DGCCRF publie ses sanctions et injonctions dans un registre public, mis à jour quotidiennement, avec la raison sociale, le SIRET, le montant et les motifs. Elle qualifie elle-même cette pratique de « name and shame », et environ 230 sanctions ont été publiées pour la seule année 2022. Une liste distincte recense les sites bloqués par réquisition numérique. Avant de vous engager avec un fournisseur ou un client français, consulter ce registre prend deux minutes, et personne ne le fait.
Il est utile de savoir pourquoi il se remplit. Dans un bilan publié en février 2026, la DGCCRF a examiné un peu plus de 200 dossiers d’information produit dans 147 entreprises cosmétiques, pour la plupart de très petite taille. Vingt-six présentaient des dossiers complets ou quasi complets. Vingt-six n’en avaient aucun. Le rapport de sécurité était absent ou incomplet dans près de la moitié des entreprises contrôlées. Voilà le taux de base auquel vous vous exposez quand un petit fournisseur français vous assure que tout est en ordre.
Checklist : prêt pour le rayon français
Contrôle à effectuer sur une unité échantillon du lot que vous vous apprêtez à acheter, pas sur une photo.
- Le nom et l’adresse d’une personne responsable dans l’UE imprimés sur l’unité, avec le pays d’origine indiqué, puisque le produit est importé.
- Contenu nominal, date de durabilité ou symbole de durée d’utilisation après ouverture, précautions d’emploi et fonction du produit : les quatre en français.
- Liste des ingrédients présente, précédée du mot « ingredients », en INCI. Aucune traduction requise.
- Numéro de lot lisible sur l’unité ou sur l’emballage extérieur.
- Logo Triman et info-tri, sur l’emballage ou sur un document d’accompagnement.
- Date de durabilité laissant assez de temps pour écouler le stock, et pas seulement non dépassée aujourd’hui.
- Protections solaires uniquement : un SPF et un indice UVA justifiés par un rapport d’essai. Le point 10 de la recommandation 2006/647/CE de la Commission fixe un minimum de SPF 6 et une protection UVA égale à un tiers du SPF, et les tests coréens ne suivent pas automatiquement la même méthode.
- En cas de vente en ligne : la liste INCI sur la fiche produit avant le paiement, que la DGCCRF considère comme une information substantielle au sens de l’article L.111-1 du Code de la consommation.
Six questions à envoyer au fournisseur, en conservant sa réponse.
- Quelle entité juridique est la personne responsable dans l’UE pour les unités de cette facture, et son nom et son adresse figurent-ils sur l’étiquette telle que vous la livrerez ?
- Les unités sont-elles livrées avec le texte français déjà apposé pour le contenu, la durabilité, les précautions et la fonction ? Sinon, qui rédige les mentions et qui les valide ?
- Les emballages portent-ils le logo Triman et l’info-tri à la livraison ? Sinon, qui les appose ?
- Détenez-vous un identifiant unique français pour les emballages ménagers, et quel est son numéro ?
- Dans quel État membre ces unités ont-elles été mises sur le marché pour la première fois, et est-ce vous qui les y avez mises ?
- Quelle est la date de durabilité la plus proche dans le lot que vous m’expédierez ?
La question quatre départage les fournisseurs, car un registre public la tranche en une minute. La question cinq détermine si vous êtes un distributeur avec une checklist ou le premier metteur sur le marché français avec un enregistrement à effectuer.
Questions fréquentes des acheteurs
Faut-il un numéro SIRET français pour acheter des cosmétiques coréens en gros ?
Aucune loi n’en fait une condition de vente, mais la plupart des comptes professionnels chez un grossiste exigent la preuve d’une entreprise immatriculée, et un numéro de TVA intracommunautaire valide conditionne la facturation et l’autoliquidation décrites plus haut. Le SIRET est la preuve standard pour une entreprise établie en France ; un numéro de TVA d’un autre État membre permet généralement aussi d’ouvrir un compte. Aucun de ces documents ne concerne l’étiquetage cosmétique, la REP ou les obligations de la personne responsable : considérez-les comme une formalité d’ouverture de compte, pas comme une étape de conformité.
Un contrat de distribution est-il nécessaire pour vendre des cosmétiques coréens en France ?
Aucune règle française ou européenne ne fait d’un contrat de distribution une condition de vente. La loi exige qu’une personne établie dans l’UE assume le rôle de personne responsable au titre de l’article 4 du règlement (CE) n° 1223/2009 avant que le produit n’arrive dans un rayon français, et ce rôle peut revenir à l’importateur plutôt qu’à un distributeur. Si un fournisseur revendique le statut de distributeur exclusif d’une marque coréenne, demandez-lui la confirmation de la marque elle-même plutôt que de le croire sur parole.
Que se passe-t-il si un produit n’est pas encore notifié sur le CPNP ?
Le règlement (CE) n° 1223/2009 impose à la personne responsable de notifier un produit cosmétique via le portail de notification des produits cosmétiques (CPNP) avant sa mise sur le marché de l’UE : un produit non notifié ne peut donc pas être vendu légalement en France, aussi complet que paraisse son dossier. La notification incombe à celui qui assume le rôle de personne responsable, généralement l’importateur plutôt que le fabricant coréen en cas d’import direct. Demandez la référence de notification avant de vous engager sur un lot ; son absence bloque la vente au même stade qu’un contrôle de la DGCCRF.
Sources
- EUR-Lex, règlement (CE) n° 1223/2009 relatif aux produits cosmétiques, 2009
- Légifrance, Loi n° 94-665 du 4 août 1994 (loi Toubon), 1994
- Légifrance, Code de l’environnement art. L541-9-3, 2021
- Douane.gouv.fr, TVA à l’importation, 2026
- DGFiP, FAQ facturation électronique, 2026
- Korea Biomedical Review, chiffres d’exportation du MFDS, 2026
Les textes de loi, les pages douane et fiscales ainsi que les taux TARIC ci-dessus ont été consultés le 1er septembre 2026. Information générale, et non conseil juridique ; pour un produit ou une chaîne d’approvisionnement précis, adressez-vous à un conseiller qualifié ou à votre DDPP.
Vous approvisionnez-vous vous-même en produits de ces marques ?
Les prix de gros sont débloqués une fois votre compte commercial approuvé. La vérification prend un à deux jours ouvrables.
Ouvrir un compteGrossiste cosmétique coréenne pour les revendeurs en France →


